• 28 mai 2024 21h51

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Maroc : « Le tremblement de terre du siècle »

ByECHOS DU MONDE

Sep 9, 2023

Vendredi soir, un puissant séisme a frappé six provinces, dont celle de Marrakech. Au moins 820 morts sont à déplorer, selon un bilan provisoire.

Sur la place Jemaa El Fna, mythique pour ses charmeurs de serpents, ses vendeurs de colifichets, ses cafés, son brouhaha permanent, ce sont désormais décombres et désolation. Une partie du minaret de la mosquée attenante s’est effondrée, soufflée par cette terre qui tremble, cette « bombe sismique » de 6,8 sur l’échelle de Richter qui a frappé le centre du Maroc vendredi, vers 23 heures, heure locale. « Le plus puissant du siècle », selon les mots de l’Institut national de géophysique.

La crainte d’un très lourd bilan

Marrakech, ses riads, ses hôtels mais aussi ses bidonvilles, paie un lourd écot. La vieille ville, la Médina, a profondément souffert. De vieux édifices n’ont pas résisté, des murs fragiles ont cédé alors que le sol se chiffonnait. Marocains et touristes se sont retrouvés ensemble au beau milieu de la place, paniqués, ne sachant que faire mis à part se mettre à distance de tout ce qui pouvait leur tomber dessus. Les vingt secondes de tremblements ont provoqué effondrements et nuages de poussière. Les gens n’ont pas regagné leurs domiciles, restant dans les parcs, places, artères, dans la crainte de répliques. Celles-ci sont survenues vingt minutes après pour la première, d’une magnitude de 4,8, à 26 kilomètres au sud de Casablanca.

À 7 heures ce samedi matin, le ministère de l’Intérieur publiait un bilan actualisé, le second de la nuit : 632 morts, 329 blessés, dont 51 « grièvement ». Six provinces sont concernées : Al Haouz, Taroudant, Chichaoua, Ouarzazate, Azilal et Marrakech où on déplorait « treize morts » samedi matin. La province d’Al Haouz, l’épicentre, est la plus meurtrie avec 290 morts puis celle de Taroudant, 190 morts. La secousse a tué jusqu’à « Casa », 3 morts dans le Grand Casablanca. À Ouarzazate, à presque quatre heures de route de Marrakech, 30 morts. Un drame parmi tant d’autres, une femme déplorait dans la campagne de Chichaoua la mort de son mari et de ses quatre enfants. Depuis minuit, c’est un déluge de vidéos, de témoignages de vies ensevelies, de maisons détruites (le relogement sera un problème avant l’arrivée de l’hiver dans les hauteurs de l’Atlas), de vies nuitamment brisées.

Les premiers secours s’organisent

Les secours se sont organisés. Forces armées royales, protection civile, sapeurs-pompiers, autorités locales, tous les corps concernés ont été mobilisés. Samedi matin, des camions chargés de couvertures, de lits de camp, de biens de première nécessité filaient vers les zones sinistrées. Les centres régionaux de transfusion sanguine, notamment celui de Marrakech, demandaient à tous les habitants en mesure de le faire de donner leur sang pour sauver des vies. Parmi les 329 blessés (provisoire), 51 le sont grièvement. Le ministre de l’Intérieur a demandé à la population de « ne pas paniquer ». La photographie des dégâts est loin d’être complète, faisant craindre un bilan beaucoup plus lourd, qui ne fait qu’augmenter d’heure en heure. Le roi Mohamed VI n’a pas encore apparu.

Le pays a une mémoire douloureuse des tremblements de terre. En février 2004, on comptait 628 morts dans la province d’Al-Hoceima. En février 1960, près d’un tiers de la population d’Agadir mourait dans les décombres, plus de douze mille personnes. Jusqu’à la Tunisie, l’Afrique du Nord est travaillée par des tensions sismiques. Cette catastrophe touche à la fois une zone très touristique, de Marrakech à Ouarzazate, et des provinces rurales jusqu’aux monts de l’Atlas.

Benoît Delmas

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