• 27 février 2024 0h54

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Guinée : 2 ans après le putsch, les manifestations toujours interdites

ByECHOS DU MONDE

Sep 6, 2023

Des heurts ont opposé des groupes de jeunes Guinéens aux forces de sécurité dans la banlieue de Conakry mardi, jour anniversaire de la prise du pouvoir par les militaires en 2021, ont rapporté des témoins.

Un collectif de partis et d’organisations d’opposition a affirmé dans un communiqué que deux jeunes hommes de 16 et 18 ans avaient été tués lors d’une opération des forces de sécurité dans la banlieue de la capitale lundi, veille du 2ème anniversaire du putsch du 5 septembre 2021. Aucun commentaire n’a été obtenu des autorités.

Ce collectif, les Forces vives, avait appelé à une marche « pacifique » mardi pour réclamer un retour rapide des civils à la tête du pays. Mais les autorités ont interdit tout rassemblement public.

Le ministère de l’Administration du territoire a diffusé lundi soir un communiqué rappelant « l’interdiction formelle des mouvements de soutien et des manifestations sur la voie publique » décrétée en mai 2022. Il a invoqué la nécessité de « préserver la tranquillité publique ».

Comme à chaque fois que les autorités ont empêché les manifestations depuis 2022, des groupes mobiles et disséminés de jeunes ont dressé des barricades, incendié des pneus et affronté à coups de pierres les forces de sécurité qui ont riposté à l’aide de moyens anti-émeutes dans les quartiers de Sonfonia, Wanindara ou Hamdallaye, foyers traditionnels de contestation, ont indiqué des témoins à un correspondant de l’AFP.

Un médecin de Sonfonia, Aliou Kamara, a dit avoir reçu cinq jeunes souffrant de blessures légères, « certainement causées par des coups de matraque et des jets de pierres ».

Sonfonia avait déjà été le théâtre d’affrontements lundi. Les autorités ont choisi « la répression sanglante (contre les) Guinéens dans le seul but de confisquer le pouvoir », ont dit les Forces vives mardi dans un communiqué.

La Guinée, pays à l’histoire politique tourmentée, est dirigée par une junte depuis que des militaires ont renversé le président civil Alpha Condé le 5 septembre 2021, dans l’un des putschs qui se succèdent en Afrique de l’Ouest depuis 2020.

Les militaires ont consenti sous pression internationale à rendre la place à des civils élus d’ici à fin 2024, le temps de mener de profondes réformes, disent-ils.

Dans un communiqué annonçant leur manifestation mardi, les Forces vives affirmaient qu’après « deux ans d’exercice du pouvoir par la junte militaire guinéenne, la rupture avec le peuple de Guinée est complètement consommée ».

Outre l’interdiction de manifester, la junte a fait arrêter un certain nombre de dirigeants de l’opposition, lancé des poursuites judiciaires contre d’autres et dissous un collectif citoyen critique de son action.

Les Forces vives accusent les autorités de n’avoir rien entrepris en vue d’un transfert du pouvoir. « Il n’existe pas encore de projet de Constitution, ni de code électoral, ni d’organe de gestion des élections, ni d’opérateur technique, ni de fichier électoral, ni de budget réaliste des élections », disaient-elles.

Les autorités n’ont pas annoncé de célébration à l’occasion du deuxième anniversaire du coup d’État. Mais elles ont dépêché dans les médias les membres de la junte et du gouvernement qu’elle a mis en place pour défendre le bilan des deux ans.

Ils ont brandi les investissements faits dans les équipements comme les hôpitaux, la rédaction d’une multitude de lois et règlements, la création d’une cour contre la criminalité financière ou la tenue réclamée depuis des années du procès d’un massacre commis en 2009 sous une autre junte. Ils se sont défendus de réprimer la liberté d’expression.

Le ministre de l’Administration du territoire, Mory Condé, a assuré à la télévision que le gouvernement était « en avance » sur le calendrier convenu avec l’organisation régionale CEDEAO pour un retour des civils au pouvoir. « La Guinée se porte de mieux en mieux grâce à la vision de son chef de l’État », le colonel Doumbouya, a dit le ministre secrétaire général de la présidence, le général Amara Camara.

AFP

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