• 28 février 2024 14h47

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Abidjan / Transports : La bataille pour le leadership entre les syndicats des transports refait surface.

ByECHOS DU MONDE

Août 30, 2023

Abobo, Yopougon, Treichville, etc. font partie des communes de la capitale économique de Côte d’Ivoire où des scènes de violence insupportables ont lieu régulièrement entre groupes syndicaux des transports.

Les scènes de violence, qui remontent en réalité à plusieurs années, ont encore de lourdes conséquences, notamment pour certains acteurs du transport, dont les chauffeurs.

Le mercredi 23 août dernier, deux bandes armées de machettes se sont affronté dans la mythique Commune d’Abobo, précisément dans le quartier appelé Samaké, faisant ainsi plusieurs blessés, selon des témoins oculaires.

Après une intense bagarre entre les deux groupes de jeunes armés, la Police Nationale a finalement réussi à disperser la foule à coups de gaz lacrymogènes.

Malgré cette intervention de la police, une psychose s’est fait sentir parmi les habitants, laissant les rues désertes, apprend-on auprès d’Aboubacar Sanogo d’Abobolais TV.

Cet énième affrontement à la machette donne l’occasion de constater, malheureusement que les nombreuses campagnes de sensibilisation sur le non-usage de la violence dans les conflits intersyndicaux semblent avoir accouché d’une souris. De plus en plus, les activités de transport de personnes et de marchandises semblent soumises au diktat de plusieurs individus regroupés au sein d’un syndicat de transporteurs, composé pour moitié de propriétaires de véhicules de transport et d’autres sous-groupes de syndicats, vulgairement appelés « gnambro ». Celles-ci sont à l’origine des cauchemars des conducteurs dans divers endroits d’Abidjan.

Dès le début de leurs activités dans plusieurs gares routières, des syndicats ont été créés, avec pour mission majeure d’organiser les activités de transport. Mais pas pour longtemps. Très vite, d’autres syndicats, non des moins connus, généralement composés d’individus adeptes de la violence, se sont positionnés dans plusieurs secteurs-clés du territoire d’Abidjan. Leurs principales activités sont la création de petites gares de fortune, le chargement de véhicules de transport de passagers contre récompenses. Depuis les années 2000, dans les communes de Port-Bouet où le port autonome d’Abidjan s’étend sur des dizaines de kilomètres ou à Adjamé, Yopougon, Treichville, etc. Le deuxième type d’union est le nouveau dictateur du secteur des transports. Violences, menaces, rackets, interdiction de garer les véhicules personnels dans leurs zones de prédilection, pose anarchique de sabots, etc. occupent l’essentiel de leur quotidien. Le phénomène est récurrent et les victimes sont nombreuses.

Notons enfin que la bataille des clans des syndicats des transports et leurs graves conséquences ont contraint certains acteurs à quitter le secteur des transports pour trouver un emploi pouvant leur offrir confort et sécurité durable, soit en Côte d’Ivoire, soit ailleurs.

Paul Konan

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