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2e Édition des Journées de la Renaissance Kamit (JRK2) : Le Shenuty Traoré Adama dénonce la diabolisation de la religion africaine

ByECHOS DU MONDE

Juil 16, 2023

La 2e édition des Journées de la Renaissance Kamit (JRK2) organisée par la Ligue panafricaine UMOJA Côte d’Ivoire (LP-U Côte d’Ivoire), a ouvert ses portes le samedi 15 juillet 2023 à la librairie Kemet Maat sise à Cocody Riviera Palmeraie. Portant sur le thème « le changement des mentalités », la première journée des JRK2 a permis à la LP-U Côte d’Ivoire de réaffirmer son combat pour la Renaissance africaine et la souveraineté du continent africain. Il est d’avoir revenu à Amiezi Kouassi, président du comité d’organisation, de saluer la célébration de la tradition millénaire kamite, symbole de l’espoir, occasion de reconnexion et de réappropriation de l’héritage culturel en vue de sa transmission à la postérité afin que celle-ci évolue avec une conscience culturelle africaine claire. ‘’Ce sont des défis que, nous, communauté kamite, devons relever ensemble’’, a indiqué Amiezi Kouassi. Qui conclut qu’il s’agit également de faire la promotion de certaines valeurs africaines dont : la tolérance, la sagesse, l’équité, le respect et la solidarité. Après un mot de soutien de Dogbo Baï du Parti communiste révolutionnaire (PCRCI), l’on a assisté à l’intervention du Shenuty Traoré Adama, fondateur d’Afrocentricité Côte d’Ivoire et Directeur de l’Institut Kemet Maat Cheick Anta Diop (IKCAD). Celui-ci a réaffirmé son soutien à la lutte d’UMOJA incarnant la Renaissance africaine. ‘’UMOJA a compris qu’il faut changer de logiciel pour la Renaissance africaine’’, a-t-il dit, d’emblée. Avant d’informer l’auditoire et tous les panafricanistes, de la formation au système LMD (Licence, Master, Doctorat) à l’IKCAD, suivant des canons pédagogiques, typiquement africains et kamites. ‘’La formation à l’IKCAD est nécessaire. L’École actuelle forme des gens pour servir les intérêts des Occidentaux. La Renaissance africaine ne peut se faire avec ces cadres-là qui méconnaissent leur culture, qui se méprisent eux-mêmes.

On ne pourra développer l’Afrique avec l’Université actuelle, qui ne sert pas l’Afrique, mais les intérêts des étrangers, du Fonds monétaire international. Que les jeunes et les Africains viennent s’inscrire massivement à l’IKCAD’’, a-t-il lancé. L’afro-combattant de première ligne a du reste dénoncé la diabolisation des religions africaines, qui existaient avant l’arrivée du blanc. ‘’Il faut que cela cesse. Il faut que l’Etat prenne des dispositions pour bannir la négrophobie, la destruction des objets sacrés africains sous prétexte de fétichisme, de sorcellerie. Il y a une menace de guerre de religions. Que tous ceux qui œuvrent à la spiritualité africaine soient reconnus, aient les mêmes droits, aient des écoles pour former nos enfants’’, a-t-il vivement souhaité. Le Shenuty s’est par la suite offusqué de la grande ruée vers les terres africaines. ‘’Il faut que la question de la terre soit prise au sérieux. La terre est une divinité en Afrique, on ne la vend pas’’, conclut-il. À son tour, Poean Mingni, président de la LP-U Côte d’Ivoire, a fait savoir que ce parti panafricain qui prône l’unité, œuvre également pour que l’on accorde le même traitement, tant aux religions africaines qu’à celles dites révélées. Tout en s’indignant de la criminalisation des religions africaines, il a dénoncé les agressions dont sont victimes ces religions africaines de la part des religions dites révélées. Comme réplique, il annonce des plateformes numériques d’UMOJA, qui permettront aux kamites de s’exprimer. Après avoir précisé qu’UMOJA suit de près la question de la préservation foncière, il a annoncé un programme de financement participatif de projets agro-écologiques expérimentaux à Toumodi en Côte d’Ivoire, dans l’optique de trouver une alternative originale à la problématique du chômage du jeune africain, et ceci, suivant le paradigme purement africain.« Comment l’homme noir inventa Dieu. Vers une révolution symbolique », c’est autour de cette thématique que le Pr Sylla Akiri, Maître de conférences en littérature française à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, a orienté son intervention. De prime abord, l’universitaire a levé l’équivoque sur la notion d’’’invention’’, arguant qu’il ne s’agit pas de la ‘’création’’ de Dieu (-qui existait déjà) par l’Africain, mais de la création du culte à Dieu. ‘’Le paradigme dans lequel nous sommes en ce moment est le résultat d’une révolution symbolique réussie, dont une des manifestations est l’adoption du calendrier actuel’’, soutient-il. ‘’La révolution symbolique à laquelle nous avons été soumis est celle de l’Antiquité : le vol de Dieu.

Soutirer Dieu de la main de ceux qui l’ont créé et l’édulcorer’’, affirme-t-il. S’appuyant sur les écrits de l’historien grec Hérodote (considéré par l’historiographie occidentale comme le père de l’Histoire moderne), il relève que les Égyptiens anciens sont les premiers à avoir dit que l’âme humaine est immortelle. Le même Hérodote précise qu’il connaît le nom des Grecs qui ont récupéré, volé et édulcoré cela, mais affirme qu’il ne les citera pas. Le conférencier poursuit son argumentaire en mettant en exergue les copies des différents concepts et autres représentations cultuelles, de l’Egypte ancienne à l’ère gréco-romaine et sémite, base des religions dites révélées (christianisme, islam, judaïsme). Ainsi, l’unicité de Dieu et le mystère du père qui réside dans le fils et vice-versa, est une notion qui provient du concept ‘’Osiris réside en Rê’’, concept connu et pratiqué depuis le Nouvel Empire (1500 ans avant Jésus-Christ). La notion-même de Dieu se retrouve dans la vision mystique du Noir qui admet les dimensions de la divinité, de l’immensité, de l’unicité, du caractère caché, brillant, juste et bon. La traversée du Fleuve, la perte du souffle, l’entrée dans la grande nuit, la mutation en étoile, le 7e ciel, la résurrection de la graine, la passion d’Osiris, le bon agneau (Mouton : bouc émissaire), les voies insondables du Seigneur, Osiris le Rédempteur (Sôter), Jossé (Jésus), la croix… Et bien d’autres notions, insiste l’orateur, sont autant de concepts connus et pratiqués par les Égyptiens anciens, qui ont été récupérés et remodelés par la suite par les adeptes des religions dites révélées…

Après avoir noté que l’impérialisme religieux a tenté de détruire toutes les preuves attestant la primauté du culte divin égyptien ancien, à travers, notamment la déstabilisation des œuvres du philosophe Sénèque, témoignant de cette antériorité de la religion égyptienne, le Pr Sylla Akiri invite les Africains à retourner à leur culte religieux initial, fondateur de tous les cultes postérieurs.

Lucie Atta

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