Peut-on avoir une idée de la formation qui est donnée à l’Institut Kemet Maat ? Quel est le contenu et quelles sont les périodes d’inscription ?
D’abord il faudra définir les objectifs de nos formations. Nous avons pour mission de former les cadres pour la Renaissance africaine. Notre mission est claire. Nous formons les cadres pour accomplir, réaliser la mission de Renaissance africaine. Parce que nous avons observé que l’enseignement traditionnel, classique, a formé des milliers et des milliers de cadres, mais malheureusement, cet enseignement n’est pas adapté aux besoins de l’Afrique. C’est un enseignement qui est à forte coloration coloniale, suprémaciste. Donc notre objectif, ici, est de former les enseignants que nous voulons, les cadres dont la Renaissance africaine a besoin. C’est la condition pour faire une Renaissance africaine. On ne pourra pas faire de Renaissance africaine avec les cadres sortis de l’Université actuelle. Sauf bien sûr quelques-uns, qui vont se suicider intellectuellement, comme le dit Karl Marx. Comme ça a été le cas de Cheick Anta Diop, et ça, ce sont vraiment des exceptions. Sinon, 90% sont cadres africains sont inutiles au développement de l’Afrique. Il faut être clair. Alors, suivant un tel objectif, nous avons mis en place un programme qui vise à enseigner les humanités classiques africaines. Nous allons mettre en avant les sciences sociales. Nous avons donc trois niveaux : le niveau préparatoire pour les étudiants titulaires du bac ou ayant le niveau Terminale, qui est un programme d’une année, de deux semestres, pour préparer leur entrée en Master. Ensuite, nous avons un deuxième cycle, qui est le cycle du Master où nous recevons, soit les étudiants de la classe prépa, soit des étudiants titulaires de licence du système traditionnel. Ce cycle dure deux ans, donc quatre semestres. Un cycle de quatre semestres qui dure deux ans pour obtenir ce que nous appelons le SESHU, qui est l’équivalent du Master. Après le SESHU, nous avons le 3e niveau, le niveau supérieur, celui de Kamitologie, qui vaut le Doctorat. Il s’agit ici de soutenir une thèse pour faire valoir ses connaissances en matière de recherche dans le domaine de la Kamitologie. Donc, voici ce que nous faisons et voici les informations sur les formations que nous offrons.
Comment se font les inscriptions ? Est-ce à la rentrée unique ou quelles sont les modalités ?
Nous avons une formule de rentrée universitaire, deux fois par an, en janvier et en février. Mais nous avons également une formule de rentrée continue. C’est-à-dire que grâce à internet, les étudiants qui le désirent peuvent s’inscrire tout le long de l’année, sans attendre les rentrées académiques. Donc ce qui est important aujourd’hui à souligner, c’est que ce dispositif de rentrée continue est en place depuis février 2023, donc les étudiants peuvent s’inscrire à n’importe quel moment de l’année dans ces filières. Il faut aussi souligner que les étudiants qui ne sont pas intéressés à l’obtention de diplômes, qui veulent suivre la formation pour acquérir uniquement la connaissance, avoir simplement des attestations, peuvent rentrer dans ces différents cycles en choisissant les unités d’enseignement qui les intéressent.
Quels sont les enjeux de l’enseignement qui est donné aujourd’hui à l’Institut Kemet Maat ?
Les enjeux pour nous, c’est d’abord de répondre aux exigences de la Renaissance africaine. D’ici à 50 ans, l’Afrique sera la première, sinon parmi les premières puissances du monde. Que ce soit au niveau démographique, économique, même au niveau politique, le poids de l’Afrique sera extrêmement important. Mais pour réussir cette transition vers la puissance, l’autonomie, il y a des défis auxquels il faudra pouvoir faire face. Nous avons besoin de faire avancer la recherche en Afrique. La recherche en Sciences sociales, la recherche scientifique est bloquée à cause du paradigme que nous utilisons jusqu’à aujourd’hui. L’Afrique offre 3000 ans de documents, de papyrus, qui couvrent une période de 3000 ans, et qui couvrent tous les domaines de la vie sociale, aussi bien le domaine de l’architecture, de l’économie, du politique…Aujourd’hui, nous avons besoin d’aller chercher dans notre patrimoine, pour apporter des solutions adaptées à nos besoins. Il n’est plus question d’importer des concepts tous faits. Il n’est plus question d’attendre que le FMI, la Banque mondiale nous imposent des concepts. Il faut que l’Afrique elle-même produise son propre savoir dont elle a besoin pour réaliser et asseoir sa puissance. Voici donc les enjeux au niveau sociétal, l’objectif est d’aboutir à la Fédération Africaine. Maintenant, au niveau des individus, pourquoi les étudiants doivent s’inscrire à l’IKAD ? C’est pour pouvoir avoir les opportunités d’activités demain, pour ne pas tomber dans le piège du chômage. Ils doivent s’inscrire à l’IKAD pour faire une formation afrologique, une formation centrée sur les besoins de l’Afrique, qui va leur donner les perspectives, en termes d’activités, de création d’affaires, d’entreprises. Nos doctorants ne sont pas formés pour être des fonctionnaires, mais ils sont formés pour créer, ce sont des créateurs. Ils peuvent être des chefs d’entreprises, des chercheurs, mais une fois que vous avez le Doctorat chez nous, c’est-à-dire le SESHU, vous n’avez plus à chercher d’emploi.
Un message particulier…
A vos lecteurs, particulièrement aux jeunes, nous leur disons qu’il est temps de sortir du conditionnement dont nous sommes victimes. Nous sommes dans un conditionnement qui nous donne l’illusion de la réussite facile, qui nous dit que l’objectif des jeunes est de devenir cadre au FMI, à la Banque mondiale, qu’il faut aller avoir son Master à Washington, etc…Il faut que les jeunes puissent saisir ce problème-là pour dire en fait, ce dont nous avons besoin, ce sont des gens avec qui nous pouvons réussir le développement de l’Afrique. Et pour résoudre les problèmes de l’Afrique, cela passe par une formation adaptée à ce continent. Donc que les jeunes soient audacieux, prévoyants, qu’ils fassent de l’anticipation, en s’inscrivant dès maintenant au programme d’Afrologie, de Kamitologie, des Humanités classiques africaines de l’Institut Kemet Maat. Parce que demain, aucun politicien africain ne pourra faire de la politique s’il n’a pas lu Cheick Anta Diop, mieux, s’il n’a pas compris Cheick Anta Diop. Donc, nous sommes en mutation, la société est en mutation, les exigences, en termes de connaissances aussi, sont en pleine mutation. Et il s’agit de s’adapter aux nouvelles exigences de connaissances.
Réalisé par Hervé Gobou
rvgobou@yahoo.fr
