À la suite du rejet du vote de confiance par les députés d’Emmanuel Macron, François Bayrou a présenté sa démission. Le président de la République a alors nommé Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre.
L’Élysée a annoncé ce mardi soir, par communiqué, la nomination de Sébastien Lecornu comme Premier ministre. Jusqu’ici ministre des Armées et pressenti depuis plusieurs heures pour Matignon, il succède à François Bayrou, écarté après la chute politique du maire de Pau. Proche du président de la République, il est le seul ministre à avoir occupé un poste au sein du gouvernement depuis l’accession d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017. Matignon annonce que la passation de pouvoirs entre François Bayrou et Sébastien Lecornu aura lieu ce mercredi à midi.
Depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, Emmanuel Macron a vu se succéder sept Premiers ministres, dont cinq au cours des trois dernières années. Le chef de l’État a « chargé » Sébastien Lecornu, fraîchement nommé à Matignon, de « consulter » les « forces politiques représentées au Parlement », indique l’Élysée. Cette mission a pour but « en vue d’adopter le budget pour la nation et bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois. » Ce n’est qu’à l’issue de ces discussions entre formations politiques que Sébastien Lecornu présentera au président la composition de son gouvernement.
«La dernière cartouche du macronisme»
Peu après l’annonce officielle de la nomination du nouveau Premier ministre, Marine Le Pen a affirmé qu’Emmanuel Macron « tire la dernière cartouche du macronisme ». La dirigeante du Rassemblement national a estimé que le chef de l’État était désormais « bunkerisé avec son petit carré de fidèles ». Elle a même ajouté : « Après les inéluctables futures élections législatives, le premier ministre s’appellera Jordan Bardella ».
Jean-Luc Mélenchon a réagi sur X en déclarant : « Dorénavant c’est absolument comme auparavant. » Partisan d’un scrutin présidentiel anticipé, l’ancien triple candidat à l’Élysée estime que seul « le départ d’Emmanuel Macron peut mettre un terme à cette triste comédie du mépris du Parlement, des électeurs et de la décence politique. »
La droite et le camp présidentiel saluent le choix de Lecornu
Sur BFMTV après la nomination du nouveau Premier ministre, Yaël Braun-Pivet a mis en avant les qualités de « rassembleur » de Sébastien Lecornu, qu’elle a décrit comme « d’excellent ministre ». « Je ferai tout pour que ça marche et que ça puisse apporter de la stabilité à notre pays. Il est très habile », a souligné la présidente de l’Assemblée nationale, dont le nom avait également circulé dans l’après-midi parmi les possibles candidats à Matignon.
Interrogé sur la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, le ministre démissionnaire de l’Intérieur Bruno Retailleau a salué le choix « d’un premier ministre qui n’est pas socialiste ». « Les Français veulent que nous trouvions des accords sur la base de choses simples, de bon sens, pour un budget : d’abord la baisse des dépenses publiques plutôt que le retour à l’impôt, plus de sécurité, moins d’immigration », a-t-il insisté, appelant l’État « à se serrer la ceinture ».
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