• 10 février 2026 7h28

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Les Journées du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire, 1ère édition : La durabilité de l’industrie du caoutchouc au centre des débats de haut niveau

ByECHOS DU MONDE

Oct 24, 2024

La première édition des Journées du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire, qui se tient du 24 au 26 octobre 2024 à Abidjan, a ouvert ses portes le 24 octobre 2024 à Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Quatre communications scientifiques et un panel de haut niveau étaient au menu de cette première journée.

« L’industrie du caoutchouc naturel face aux enjeux de la durabilité : quelles stratégies pour quels marchés ? », c’est cette problématique d’actualité qui mobilise les acteurs de l’industrie du caoutchouc naturel venus de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigéria, du Cameroun, du Brésil, de l’Inde, de la Malaisie et d’Europe…

Ouvrant cet important rendez-vous des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire et du monde, Charles Emmanuel Yacé, président de l’APROMAC, qui avait à ses côtés Koblavi Dibi Michel (président du Collège des producteurs de caoutchouc) et Lamine Sanogo (président du Collège des usiniers du caoutchouc), s’est félicité de la tenue, à Abidjan, de ces Journées. Il a fait savoir que ce rendez-vous d’Abidjan concerne tous les acteurs de la chaîne mondiale du caoutchouc. C’est l’occasion, a-t-il ajouté, pour ces acteurs, de relever les défis de l’industrie du caoutchouc et de la durabilité du made in Côte d’Ivoire. « Que les partenaires et financiers viennent prendre leur part dans l’industrie du caoutchouc », a-t-il conclu.

La première communication a porté sur « caoutchouc naturel durable-nouveaux marchés et potentiel », animée par Dr Lekshmi Nair.

Celle-ci a salué la contribution de la Côte d’Ivoire dans la production et l’adressage des questions de durabilité, avant d’évoquer les effets du changement climatique et les stratégies à mettre en œuvre pour booster la production du caoutchouc naturel. Les défis du secteur dont les marchés, les décisions gouvernementales, les bonnes pratiques agricoles, les préoccupations des petits producteurs, les questions de la réglementation de l’Union européenne, la traçabilité, la rémunération juste des petits producteurs etc., sont autant de sujets qui doivent préoccuper les acteurs, selon l’intervenante.

Quant à la deuxième communication, elle a été faite par le Dr Aziz Bin Sheikh A.B Kadir, Secrétaire général de Ruben Malaisia.  « Intérêt de la collaboration scientifique entre les pays membres de l’IRRDB : clé pour une hévéaculture durable » est le thème qui a servi de trame à son intervention. Il a rappelé l’origine de l’IRRDB, ses objectifs dont la recherche et développement, mettant en exergue les dirigeants et les experts qu’il compte, avant de conclure que la science doit se mettre au service des générations futures.

La troisième communication a porté sur « le renforcement de l’entrepreneuriat chez les petits producteurs de caoutchouc naturel : expérience de Rubfarm Production en Inde ». Elle a été dite par le Dr Jacob Mathew.

Partageant l’expérience de son entreprise, il a fait savoir que celle-ci est partie d’une production faible, de qualité de caoutchouc décevant au prix très insignifiant au départ, à la création d’une valeur ajoutée par la suite. Toute chose qui est passée par la mise en œuvre d’une stratégie pour sortir de cette léthargie, en créant de la plus-value. Celle-ci a consisté à ne pas s’arrêter à la production brute, à transformer pour avoir une plus-value conséquente, de même que la mise en exergue de produits issus de la transformation. Cette entreprise qui comprend des producteurs et des transformateurs, a mis en place un processus gagnant. Sa vision : du produit brut à la transformation et la commercialisation. Et ceci, avec un organigramme cohérent, l’application de bonnes pratiques culturales…

La quatrième communication, intitulée « Investir dans la chaîne de valeurs du caoutchouc naturel : expérience du Mardec en Malaisie » était animée par  Syed Mahdhar Syed Hussein, Directeur exécutif de Mardec. Il a noté que la crise présente à la fois un danger et une opportunité. Pour saisir cette opportunité, il préconise l’introduction de nouvelles technologies, la standardisation, la certification et la gestion efficace des prix.

Un Panel de haut niveau s’est tenu dans l’après-midi. Il avait pour thème : « Défis et opportunités face à la nouvelle réglementation de l’Union européenne »

La modératrice a indiqué que l’Union européenne, pour combattre déforestation, lutter pour la préservation de la biodiversité et l’environnement, a pris de nouvelles réglementations. Face à cette nouvelle donne, les experts ont réagi.

Le premier intervenant, Dr Aziz de l’IRRDB a estimé que cette réglementation est un programme européen qui ne sera pas facile de mettre en œuvre. Il note que si l’ODD 1 prône la réduction de la pauvreté et que cette réglementation tend à appauvrir le petit producteur, c’est un paradoxe pour lequel il s’est demandé : qui paye ?

Syed Mahdhar du Mardec pense de son côté que cette réglementation va pénaliser les petits producteurs, quand bien même le combat de l’environnement est un combat de tous.

Lamine Sanogo, vice-président de l’Apromac a indiqué à son tour que 25 à 30% de la production de caoutchouc est destiné à l’Europe. Il est convaincu que la réglementation de l’UE est un défi à relever. Face à ce défi, plusieurs actions ont été menées par la Côte d’Ivoire : carte unique, ségrégation des lots le long de la chaîne d’approvisionnement, mise en place des outils modernes, défi foncier etc… « Certains points de l’IUDA méritent des clarifications », a-t-il soutenu. Il a ensuite énuméré les opportunités de cette offre règlementaire : marché, qualité de la production, meilleure valorisation, sécurisation des transactions sur le caoutchouc, frein à la déforestation en faveur des cultures pérennes.

La représentante du Ghana, Emmanuel Akwasi Owusu soutient pour sa part que l’UE n’a pas suffisamment concerté les pays africains avant la décision de cette réglementation. Non sans souligner les grandes difficultés liées à son application, notamment dans le foncier rural.

Au total, les intervenants ont souhaité que la réglementation de l’UE tienne compte des réalités sociologiques et administratives africaines, de même que la question de son financement. Une concertation et une décision collégiale devra être prise à cet effet.

SERCOM APROMAC

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