• 10 février 2026 10h26

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Kenya : Nairobi verrouille ses accès en pleine journée de Saba Saba

ByECHOS DU MONDE

Juil 7, 2025

Ce lundi, Nairobi célèbre la Journée Saba Saba, journée symbolique des luttes pour la démocratie au Kenya.

Alors que cette date rappelle les grandes manifestations de 1990, les habitants de la capitale se heurtent aujourd’hui à une ville verrouillée.

Dès les premières heures du jour, plusieurs grands axes ont été bloqués par des barrages policiers. L’accès au centre des affaires (CBD) est quasi impossible pour de nombreux résidents, travailleurs et commerçants. Des points de contrôle ont été installés à Pangani (Thika Road), au Nyayo Stadium (Mombasa Road), près du siège de la DCI sur Kiambu Road, et au niveau de la morgue municipale sur Ngong Road.

Sur le terrain, la présence policière est massive. Plusieurs personnes tentant de rejoindre le centre ont été refoulées dès 5 heures du matin, selon des témoins. Le verrouillage intervient après que des groupes de jeunes, venus de Mombasa, ont été interceptés à la veille du 7 juillet, soupçonnés de vouloir rejoindre les rassemblements.

Ce dimanche, la tension a franchi un nouveau seuil avec l’attaque choquante du siège de la Commission kényane des droits humains à Nairobi. Alors qu’une conférence de presse y était organisée par un collectif de mères dénonçant les violences policières, une vingtaine d’hommes armés et cagoulés ont enfoncé la porte des locaux, interrompu l’événement, volé du matériel et menacé les participants. L’acte a été perçu par les ONG comme une tentative délibérée d’intimidation.

Ce climat pesant est renforcé par la mort en détention d’Albert Ojwang, un enseignant et blogueur de 31 ans. Arrêté début juin pour avoir critiqué un haut responsable de la police, il est décédé quelques jours plus tard dans des circonstances que les autorités peinent à justifier. Sa disparition a profondément choqué l’opinion publique. Ses funérailles, tenues samedi, ont rassemblé une foule émue et en colère.

L’ancien président de la Cour suprême, David Maraga, a dénoncé dans un communiqué le recours à des « milices armées » par le pouvoir pour intimider les citoyens. Il met en garde : « Ce n’est pas seulement une violation de la Constitution, cela mène le pays vers l’instabilité. »

AP

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