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Entrepreneuriat/Entretien avec Siaka Diakité, PCA de ST2C-CI : De planteur, je suis aujourd’hui transformateur et exportateur de cacao 

ByECHOS DU MONDE

Juil 21, 2024

Après avoir débuté comme planteur et pisteur de cacao à Divo, Alépé et Fresco, Siaka Diakité est aujourd’hui un géant de la transformation et de l’exportation du cacao. Il revient, dans cet entretien, sur son parcours et encourage la jeunesse ivoirienne à s’investir à fond dans l’agriculture.

Dites-nous un mot sur votre parcours d’entrepreneur dans le secteur du cacao…

Je suis planteur à Divo. J’ai des plantations à Alépé, à Fresco. J’ai commencé à acheter le cacao en tant que pisteur. De pisteur, nous nous sommes organisés en groupement de planteurs, puis en Groupement à vocation coopérative (GVC). Tout ceci, c’était à Divo. J’ai créé une coopérative à Alépé. Après la coopérative d’Alépé, j’ai lancé une union inter-régionale de coopératives, qui fait 96 coopératives sur toute l’étendue du territoire national. Jusqu’à aujourd’hui, je travaille avec mes coopératives. Aujourd’hui, je suis exportateur ; j’exporte mes fèves de cacao. J’ai créé ma société ST2C-CI, j’exporte le beurre de cacao, la masse de cacao et je fais du chocolat. Mon ambition est d’investir dans le cacao, surtout dans la transformation, comme le souhaite le Président de la République Alassane Ouattara. C’est la meilleure manière de créer des emplois pour les jeunes et les populations. Aujourd’hui, j’emploie plus de 108 personnes ; j’ai débauché mon directeur de l’Occident pour qu’il vienne travailler avec moi. Donc j’encourage tout le monde à la persévérance. Il ne faut pas que les gens aient le complexe du planteur. Aujourd’hui, beaucoup de planteurs sont très riches. Un sac de cacao fait aujourd’hui plus de 100 000 FCFA. J’encourage donc les gens au retour à la terre.

Comment êtes-vous passé du planteur au transformateur et à l’exportateur ?

Bien sûr, mon cas est un véritable cas d’école. Je suis planteur, j’étais pisteur. J’ai lancé une coopérative. Aujourd’hui, je suis exportateur et transformateur. C’est le fruit de la persévérance, du travail et de l’ambition.

Est-ce que cela nécessite une formation particulière ?

Non, c’est le courage. Il faut être courageux. Dans la vie, il faut avoir de l’ambition. Si tu as décidé de faire quelque chose, il faut d’abord aimer ton travail, ce que tu fais. Il faut être sincère, clair. Si tu es sincère, cela va t’aider. L’argent, aujourd’hui, si tu n’es pas digne de confiance, tu ne peux pas avoir l’argent. C’est la confiance qu’on a en toi qui fais qu’on te donne de l’argent. Moi, tout ce que je donne comme conseil, je dis à tout le monde, que les gens prennent leur travail au sérieux, qu’ils travaillent. Voici ce que je peux donner comme conseil, surtout aux jeunes.

Peut-on affirmer qu’aujourd’hui la filière café-cacao se porte bien ?

La filière café-cacao se porte très bien. Nous entretenons de bonnes relations avec le Conseil Café-Cacao. Nous n’avons aucun problème avec eux. Chaque année, nous remplissons les conditions pour être agréé. Nous payons toutes les taxes de l’Etat. Donc nous n’avons aucun problème. Et puis cette année, nous n’avons pas pensé que le cacao allait s’acheter à 1500 FCFA. Le prix a été fixé à 1500 FCFA. On était tellement content qu’on était allé à Yamoussoukro pour dire merci au Président Alassane Ouattara. Nous lui avons dit merci en sa qualité de Président de tous les Ivoiriens, pour le prix qu’il a fixé pour le cacao ivoirien. Nous n’avons jamais vu cela en Côte d’Ivoire. 1500 FCFA pour le prix du cacao en brousse (bord champ), nous n’avons jamais vu cela. Aujourd’hui, avec un sac de cacao, tu as plus de 100 000 FCFA, c’est du jamais-vu. Donc nous sommes satisfaits de la gestion du Conseil Café Cacao. Nous disons merci au Président Alassane Ouattara pour avoir pensé à nous. Qu’il continue dans ce sens. 

Quel message pouvez-vous lancer à l’endroit de la jeunesse, relativement à l’agriculture ? 

Aujourd’hui, il y a beaucoup d’écoles d’agriculture. Ce qui a été jusque-là dans la tête de notre jeunesse, c’est qu’eux tous veulent aller au bureau pour être fonctionnaire de l’Etat. Alors qu’aujourd’hui, si tu t’es bien investi dans l’agriculture, tu peux avoir de l’argent, obtenir tout ce que tu veux mieux qu’un fonctionnaire. Tu n’as pas besoin d’attendre la fin du mois. Tu entretiens bien ta plantation par an, tu peux gagner beaucoup plus d’argent qu’un fonctionnaire. Aller à l’école est une bonne chose. Si tu obtiens tes diplômes, c’est bien, mais n’oublie pas de pratiquer l’agriculture. Aujourd’hui, c’est le meilleur investissement, qui génère énormément de profits. Il n’y a rien à perdre là-bas.

Réalisé par Hervé Gobou

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