Nous sommes à 7 mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, et voilà que le pays est déjà en ébullition avec l’inquiétude d’un peuple encore traumatisé des différentes crises électorales notamment celles de 2000, 2010 et 2020. Tout se passe comme si la Côte d’Ivoire est condamnée à payer le prix macabre d’une certaine fatalité obscure qui survient à chaque élection présidentielle, et cela, depuis la disparition du président Félix Houphouët-Boigny.
Le citoyen impuissant se demande bien pourquoi le secteur politique n’arrive-t-il pas à résoudre ses divergences pacifiquement en usant du dialogue et opte toujours pour la prise en otage du pays ? Hier comme aujourd’hui, le peuple a peur, car les mêmes causes produisant les mêmes effets, à savoir :
nationalité douteuse,
rejet de candidatures,
refus des résultats des urnes,
les griefs contre la commission Électorale Indépendante (CEI).
À cela, il faut ajouter pour 2025 les problèmes judiciaires avec la perte des droits civiques de certains leaders politiques, dont l’ancien président Laurent Gbagbo, sans oublier cette nouvelle rubrique de la double nationalité du président du PDCI avec l’apparition de l’article 48 dans les débats publics.
Et dire que tout cela se passe sous le régime du président Alassane Ouattara, qui a connu une histoire tumultueuse depuis sa rentrée dans l’arène politique ivoirienne.
Pour revenir à l’article 48 du code de la nationalité qui suscite de nombreuses interrogations quant à son effectivité au niveau de sa disposition sur la double nationalité dans une nation aussi jeune comme la Côte d’Ivoire.
Pour mieux étayer les propos, prenons tout simplement la situation de ces nombreux binationaux qui initialement ont été sélectionnés par le pays compte tenu de leur parcours scolaire exceptionnel. Je le dis si bien parcours exceptionnel, ce qui veut dire les meilleures intelligences triées sur le volet.
Ainsi, l’État à travers son ministère de l’éducation et/ou de l’enseignement supérieur, consent à attribuer des bourses d’études à ces « génies» afin de poursuivre leurs études dans des universités et écoles d’élites à l’étranger. Et cela, parce que nos pays ne sont pas suffisamment outillés pour assurer ces types de formation de pointe et d’excellence. Ce qui explique que l’argent du contribuable est utilisé à coup de millions de nos francs pour prendre en charge l’éducation de ces perles rares.
Notons que ces brillants élèves et étudiants, une fois les études terminées vont être fortement courtisés par les entreprises et compagnies sur place avec des offres d’emplois mirobolantes généralement conditionnées par l’acquisition de la nationalité de ces dits pays.
Le paradoxe ou l’incongru réside dans le fait que ces derniers une fois la décision est prise de faire le voyage de retour définitif, feront face à de divers obstacles et restrictions d’intégration dans leur propre pays d’origine.
On peut donc déduire que ces difficultés pourraient être à la base du manque de motivations de ces élites à faire le chemin de retour après des années passées dans les pays développés. Ce n’est pas le ministre de l’enseignement supérieur actuel de la Côte d’Ivoire, qui dira le contraire. Celui-là même qui a avoué dans une émission télé l’impuissance des autorités sur cette fuite des cerveaux (décembre 2024).
Une fois encore, l’histoire est en train de donner raison au père fondateur Félix Houphouët-Boigny, qui déjà dans les années 70 avait suggéré l’adoption de la double nationalité pour les citoyens dans cette nation encore trop jeune.
Pour terminer sur l’élection présidentielle de 2025, j’exhorte la classe politique à se pencher sur ce que le père fondateur, le président Félix Houphouët-Boigny avait décrété dans le pays à savoir « Pas une seule goutte de sang versé sur le sol ivoirien » et à se demander ce qu’elle a fait de cet engagement fort depuis son décès en 1993? Il y a trop de sang d’Ivoiriens versé durant ces dernières décennies en Côte d’Ivoire.
C’est pourquoi je lance un appel pressant aux partis politiques et plus particulièrement le parti au pouvoir et Houphouetiste, le RHDP afin d’éviter pour 2025 unes autres crises électorales sanglantes en Côte d’Ivoire. Et de passage, je remercie l’Église catholique pour son message d’apaisement et demande aux autres confessions religieuses et aussi à certaines institutions de la république comme le grand médiateur et la chambre des rois et chefs traditionnels à ne pas rester inactifs face à la montée de cette tension politique dans le pays.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire
