• 13 avril 2024 22h14

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Arrivée en France du journaliste Olivier Dubois, ex-otage au Sahel

ByECHOS DU MONDE

Mar 21, 2023

Quelques larmes, des sourires, et des étreintes. Olivier Dubois, otage pendant près de deux ans de jihadistes au Mali, a atterri en France mardi, après sa libération la veille avec un otage américain retenu pour sa part pendant plus de six ans.

Le journaliste a été accueilli peu après midi par ses proches et par le président Emmanuel Macron sur la base aérienne de Villacoublay, au sud-ouest de la capitale.

Vêtu d’un tee-shirt à manches longues et d’un pantalon noir, une sacoche à l’épaule, il est apparu très souriant et en bonne forme apparente, après cinq heures de voyage depuis Niamey. Il devait retrouver dans la foulée sa femme et ses enfants puis s’entretenir quelques minutes avec le chef de l’Etat.

Lundi, il avait rencontré les journalistes peu après sa libération accompagné de Jeffery Woodke, humanitaire américain qui avait été enlevé le 14 octobre 2016 au Niger.

Olivier Dubois avait été kidnappé le 8 avril 2021 à Gao, dans le nord du Mali, par le GSIM, principale alliance jihadiste au Sahel liée à Al-Qaïda. Il collaborait notamment avec le quotidien Libération et le magazine Le Point et vivait au Mali depuis 2015.

« Immense soulagement »
Le reporter de 48 ans était le dernier Français connu comme retenu en otage par une organisation autre qu’un Etat depuis la libération en octobre 2020 de Sophie Pétronin, également enlevée au Mali.

« C’est énorme pour moi d’être là, d’être libre, je voulais rendre hommage au Niger pour son savoir-faire dans cette mission délicate et rendre hommage à la France et à tous ceux qui m’ont permis d’être là aujourd’hui », avait-il déclaré lundi.

Le président Macron avait de son côté exprimé son « immense soulagement » et témoigné de sa « grande reconnaissance au Niger pour cette libération ».

Au côté d’Olivier Dubois, Jeffery Woodke, 61 ans, cheveux blancs et soutenu par une canne, avait souhaité « remercier les gouvernements nigérien, américain et français » pour sa libération. « Vive la France », s’était exclamé celui qui avait été enlevé alors qu’il venait en aide depuis une trentaine d’années à des populations nomades avec une ONG à Abalak, dans le centre du Niger.

Les circonstances de la libération des deux hommes restent pour l’heure inconnues alors que les relations entre la France et la junte au pouvoir au Mali se sont considérablement détériorées. Paris a notamment retiré la totalité des soldats qui y étaient déployés dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane.

« Ce qu’on nous a toujours dit, c’est que la dégradation des relations franco-maliennes n’entâchaient pas les espoirs de libération », a commenté mardi Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières (RSF).

« Ses conditions étaient par nature rudimentaires mais (…) il était arrivé à obtenir des conditions satisfaisantes » en détention, a-t-il ajouté, précisant ne pas savoir « pourquoi il a été libéré ni pourquoi maintenant ».

Niamey n’a pour l’heure fait aucun commentaire sur son rôle dans les négociations. « Les otages ont été récupérés sains et saufs par les autorités nigériennes avant d’être remis aux autorités françaises et américaines », a simplement déclaré lundi à l’aéroport le ministre nigérien de l’Intérieur Hamadou Souley.

« Cauchemar terminé »
Pendant ses 711 jours de détention, seules deux vidéos d’Olivier Dubois avaient été publiées sur les réseaux sociaux. La première le 5 mai 2021 où il annonçait lui-même son enlèvement et une autre, après quasiment un an de silence, diffusée le 13 mars 2022, sans indication sur la date à laquelle les images avaient été tournées.

« C’est juste incroyable, c’est quelque chose qu’on attendait depuis deux ans. Pour lui le cauchemar est terminé, et pour sa famille aussi. Il va pouvoir reprendre sa vie, même si ce sera difficile pour lui d’oublier ça », avait déclaré à l’AFP lundi la soeur d’Olivier Dubois, Canèle Bernard.

« Nous sommes tellement fiers de lui. C’est un moment aussi de souvenirs pour nous, du métier de journaliste, correspondants locaux et internationaux, qui sont nos yeux et nos oreilles », a commenté Dov Alfon, directeur du quotidien Libération.

« Ce sont des maillons du journal qui font le journal », a-t-il ajouté, précisant avoir des projets pour le journaliste.

Le Mali, comme ses voisins le Niger et le Burkina Faso, traverse une grave crise sécuritaire avec des attaques jihadistes récurrentes.

Les enlèvements sont l’un des graves dangers encourus par les journalistes et les humanitaires, locaux comme étrangers, au Sahel.

Deux employés de la branche malienne du Comité international de la Croix-Rouge kidnappés entre Gao et Kidal, dans le nord du Mali il y a deux semaines, avaient été libérés dimanche soir.

Au moins trois otages occidentaux sont encore détenus au Sahel: le chirurgien australien Arthur Kenneth Elliott, enlevé le 15 janvier 2016, et l’officier de sécurité roumain Iulian Ghergut, enlevé le 4 avril 2015, tous deux au Burkina Faso. Un religieux allemand, le père Hans-Joachim Lohre, dont on est sans nouvelles depuis novembre 2022, est considéré comme ayant été enlevé au Mali.

AFP

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